La graphisteLe logo parti sans laisser d’adresse
Inès, graphiste indépendante, décroche enfin un rendez-vous avec un prospect sérieux : une jeune enseigne de restauration qui veut « une identité qui claque ». Elle y croit, travaille deux semaines, présente un logo, une palette, un dossier complet. Le prospect remercie, promet de rappeler… puis silence.
Six mois plus tard, Inès tombe en pleine rue sur son logo — ses courbes, sa typographie retravaillée d'un cheveu — peint sur les camions et les enseignes d'une franchise en pleine expansion. Le devis refusé valait 3 800 €. La déclinaison sur des dizaines de points de vente, elle, se facturerait des dizaines de milliers d'euros.
Son avocate lui pose une seule question : « Pouvez-vous prouver que votre version est antérieure ? » Les fichiers sur son disque ? Une date modifiable. L'email de présentation ? Envoyé via une plateforme qui a fermé son compte inactif. C'est sa parole de freelance contre celle d'une enseigne qui a « développé le concept en interne ». Elle renonce.
Avec un dépôt daté de quelques euros effectué le jour de sa présentation, Inès aurait détenu une preuve d'antériorité opposable, vérifiable par n'importe quel tribunal. Le rapport de force aurait été inversé. L'histoire se serait écrite autrement.
Récit illustratif — prénoms et détails fictifs.